Atelier : les inégalités de la naissance à la mort [petit bilan]

· Par FilmicCCecileAdmin

Atelier “les inégalités de la naissance à la mort (en passant ou non par la retraite)”
Première partie “Enfances inégales”
 
1. Distribution d’un fascicule regroupant des extraits de textes scientifiques et d’articles de presse [je le joins à cette présentation dès que possible, sans doute jeudi]:
    – Martine Court, Sociologie des enfants, Paris, la découverte, 2017.
    – Sonia Faure et Simon Blin, “A 5 ans, la lutte de classes”, Libération, 28 août 2019.
    – Sonia Faure, “Les plus aisés adoptent les règles de l’école à la maison”, Libération, 28 août 2019.
    – Wilfried Lignier et Julie Pagis, “Quand les enfants parlent l’ordre social. Enquête sur les classement et jugements enfantins”, Politix, vol 99, 2012, p. 23-49.
 
2. Introduction de l’atelier:
Le titre de l’atelier, Enfances inégales, est la traduction en français d’un ouvrage de référence rédigé par Annette Lareau (Unequal Chilhood. Class, Race and Family Life, University of California Press, Berkeley, 2003), ouvrage qui est présenté dans l’un des extraits du livre de Martine Court dans le fascicule distribué (“Des loisirs socialement différenciés”, deuxième page du fascicule). C’est à Martine Court que j’emprunte les premiers éléments de cette introduction pour souligner à quel point les inégalités entre enfants sont impensables. Elle-même développe ces arguments dans l’extrait (p. 65-66 de Sociologie des enfants) par lequel débute le fascicule distribué. 
Ces inégalités sont tout d’abord impensables au sens d’inacceptables, y compris pour des personnes peu sensibles à la question des inégalités entre individus ou convaincues qu’elles sont le reflet d’écarts de mérites personnels (pensant par exemple qu’il suffit de se donner un peu de peine, de “se lever tôt le matin” ou de “traverser la rue” pour sortir de la pauvreté, trouver du travail, etc.). Il est en effet plus facile d’accuser quelqu’un d’être responsable de sa situation lorqu’il s’agit d’un adulte que lorsqu’il s’agit d’un enfant.
Ensuite, ces inégalités peuvent être impensables ou difficiles à penser du fait d’une conception dominante (fréquente) de l’enfance comme étant relativement uniforme (tous les enfants se ressembleraient), conception fortement marquée par la diffusion des travaux en psychologie qui tendent traditionnellement à normer cette période de la vie, par exemple en la présentant comme une suite de “stades” (le stade “oral”, celui de “l’intelligence sensori-motrice”, etc.), stades pensés comme universels. J’ajoute qu’il est assez courant d’entretenir une vision relativement enchantée de l’enfance comme un âge préservé des vilénies s’observant du côté des adultes. A ce titre, les pages 7 et 8 du fascicule distribué présentent des études qui montrent que les relations entre enfants du même âge sont bien loin d’être dénuées de rapports de force (tramés par les questions de statut social ou de domination masculine).
Pour terminer cette introduction, il me semble important de dire que de nombreuses inégalités peuvent être mesurées pendant l’enfance, que ce soit en matière de santé (voir la première page du fascicule) ou que ce soit en termes de conditions matérielles ou d’accès à des biens symboliques (pages 2 à 6 du fascicule). Si elles s’observent au présent (dès les premières années de la vie), ces inégalités produisent des effets sur l’avenir de ces enfants. Cela semble évident sur les questions de santé mais d’autres aspects des conditions d’existence et des relations vécues pendant l’enfance (en particulier dans le cadre de la socialisation familiale) ont un impact à long terme, notamment sur le parcours scolaire (mais pas seulement), parcours déterminant dans nos sociétés pour l’accès à des places plus ou moins privilégiées dans le monde social.
 
3. Lecture des extraits et discussion
 
Eva (de mémoire et sans citer les sources):
    Texte sur les inégalités de la santé. Ne pas être malade = être en bonne santé chez les classes populaires, alors qu’être en bonne santé en classes moyennes et supérieures relève d’un état qui s’entretient par une certaine “hygiène de vie” et des pratiques “préventives”
    Texte sur la gestion des loisirs : les classes populaires laissent les enfants s’occuper entre enfants, pensant que le développement des enfants se fait seul. Les classes supérieures organisent les loisirs des enfants. 
    Texte sur les inégalités de genre et la domination masculine dès l’école primaire. Intéressant texte sur les enfants dans une même classe qui ont une femme de ménage et dont la mère est femme de ménage. Parallèle d’Eva avec le lycée Montaigne où les enfants des classes supérieures vont à l’école avec les enfants des gardiens d’immeubles du VIème. Tendance des classes supérieures à favoriser chez leurs enfants l’obéissance à des règles (comme ce qui est demandé à l’école) et à l’esprit critique (concernant l’autorité).
    La discussion a aussi abordé le sujet du rôle de l’école, à la fois pour sa participation à la reproduction des inégalités mais aussi comme institution sur laquelle peuvent encore s’appuyer les parents et les enfants les plus démunis (en écho à la phrase de Bernard Lahire cité dans l’article de Sonya Faure et Simon Blin et en référence à une famille enquêtée dans le cadre e la recherche qu’il a dirigé qui est sans logement et sans papiers et a été accueillie et accompagnée par une école dans laquelle se trouvent des enseignants et des parents d’élèves mobilisés).
    Bien noter qu’on ne note pas tout ce que l’on pense évaluer. Il y a des tas de choses non notées dans les consignes qui sont évaluées aussi et qui font chuter la note (surtout chez les non-héritiers). 

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